Florent Audoye
Né en 1985 à Montpellier, vit et travaille à Paris

"Parodiant les us et coutumes de la vie bureaucratique, Florent Audoye isole, recense un ensemble de gestes, de comportements, d’attitudes et d’habitudes pour mieux les subvertir. Non sans humour et ironie corrosive, il cultive le contraste manipulant le costume cravate comme un déguisement bouffonesque au même titre que la robe et les talons aiguilles, tirés de la culture queer."

C. Dumas, 2017

"Le travail de Florent Audoye est parcouru par des interrogations essentielles sur les systèmes de codification qui régissent nos vies et nos rapports à l'institution. Ce travail critique, théorique et conceptuel prend pour autant, notamment dans son travail de dessin, une forme très poétique, mais aussi, notamment dans son travail de performance, une forme extrêmement vivante et humoristique."

E. Barois De Caevel, 2016

"Les aliénations invisibles et inconscientes qui nous guident dans notre quotidien sont rejouées par Florent Audoye à la manière d’un cabaret continu où chaque numéro incarne un reflet fragmenté de l’être humain mondialisé."

L. Demuro, 2017

Chargé.e du bonheur au travail (portrait), 2018 

Résidence performative en contrat CDD 35h sur 39 jours du 29 octobre au 21 décembre 2018

Oeuvre produite dans le cadre de PACT(e), programme de résidences d'artistes en entreprise du Carreau du Temple, avec la contribution de la CPME Paris Île-de-France (Exposition de la biennale PACT(e) prévue en juin 2019 au Carreau du Temple)

Curator : M. Bescond
Photo : A. Métayer

Burōtica I (installation), 2018 

Installation performative en 3 actes sur 3 jours
Festival DO DISTURB #4, Palais de Tokyo - Curator : V. Matarrese
Vidéo : E. Gambert & M. Boissard 
Co-performeur : L. Maria
Photo : L. Kapelski

Burōtica II (activation), 2018 

Installation performative en 3 actes sur 3 jours
Festival DO DISTURB #4, Palais de Tokyo - curator : V. Matarrese
Co-performeur : S. Amadieu
Photo : L. Kapelski

Burōtica III (destruction), 2018 

Installation performative en 3 actes sur 3 jours
Festival DO DISTURB #4, Palais de Tokyo - Curator : V. Matarrese
Co-performeur : A. Bibia
Photo : S. Santa Lucia
Vidéo : E. Gambert 

MOOC - Les objectifs performatifs, 2018

Extrait du shortfilm "Managing" tourné à l'hôtel Windsor, Nice
Vidéo couleur, son, 0'35'' - technique : V. Burger
Curator : O. Redolfi

Managing, 2018

Shortfilm tourné en résidence à l'hôtel Windsor, Nice
Vidéo couleur, son, 17'00'' - technique : V. Burger
Curator : O. Redolfi

Demande d’autorisation de sortie temporaire d’un trésor national, 2017

Installation performative, 8'45''
Exposition "Tutoriality", Le 6b, Saint-Denis - curator : L. Demuro 
Regard chorégraphique : A. Bibia - Crédit photo : M. Mispelaëre

La roue du bonheur, 2017

Installation : peinture murale, bureau et documents de recherche, dimension variable
Exposition 35h "ÇA ROOLE !" UNITÉ 9, Clermont-Ferrand - curator : L. Puissant
Crédit photo : A. Laszlo de Kaszon

"LeChiefHappinessOperatorOfficer,estdeloinleplusdépressdenoustous!", édition 35h, L. Puissant, 2017

Hyper Buroo, 2017

Performance-livraison en 8 actions, 12'00''
Exposition 35h "ÇA ROOLE !" UNITÉ 9, Clermont-Ferrand - curator : L. Puissant
Crédit photo : A. Laszlo de Kaszon

Action 1. Livraison
Action 2. Recommandation
Action 3. Fonction
Action 4. Notification
Action 5. Réception
Action 6. Évaluation
Action 7. Explication
Action 8. Domination

Totem, 2017

Installation performative, 8'41''
Exposition "Quand Denis rencontre Philippe", Chaideny, Le Plessy-Robinson - Curator : C. Chine
Vidéo : F. Dymny (Facebook en direct) 

HOUSE OF BURŌCRAZIA, 2017

Performance-spectacle en 6 actions, 20-30 min
Soirée "A QUEER BALL FOR HOT BODIES OF THE FUTURE !" - Le Point Éphémère, Paris - curator : G. Kurdian
Regard chorégraphique : A. Bibia - Crédit photo : J. Brody - Musique : F. Audoye

Intro - Burōcrazia
Action 1. In the House
Action 2. Cravatica
Action 3. Maneggiare
Action 4. Tous les deux
Action 5. Team building
Action 6. Olympia
Outro - Triangle

Typologie d’un constat d’état d’oeuvre, 2017

Performance-comique en deux actions sur deux jours, 10 min chaque
Exposition "La Belle Absente", Atelier de J. Borel, Paris - curator : S. Sorgato
Crédit photo : H. Langlois

Typologie d’un dossier d’œuvre, 2017

Performance-comique en deux actions, 8 min
Rencontres « Excentricités VIII », Institut Supérieur des Beaux-Arts de Besançon - curator : J. Cadoret
Crédit photo : D. Demangeot / Journal Diversions

Typologie de la liste des prix des oeuvres, 2017

Performance-comique en deux actions, 8 min
Festival « Actions à vendre », Espace À VENDRE, Nice - curator : L. Prexl
Vidéo : L. Postel / Villa Arson

Cravate, 2017

Facebook en direct, vidéo couleur, son, 1'44''
Création cravate : L. Kapelski

Restitution du workshop CN D Camping 2016 de Sophie Perez au Palais de Tokyo - crédit photo : M. Domage

Faire rêver, c'est un métier, 2016

Performance-spectacle en dix actions, 50 min
Festival FRASQ#8, Le Générateur, Gentilly - curator : A. Dreyfus
Vidéo : F. Dymny (Facebook en direct)

Action 1. Procession de Marne-la-Vallée à Gentilly
Action 2. Épilogue
Action 3. Requiem for Evita
Action 4. Le choix naturel
Action 5. Gloria
Action 6. Art pop’
Action 7. Le récolement
Action 8. Le manager minute
Action 9. Polyme
Action 10. Outro 

Louvre, 2017 

Dessins au pigment liner noir sur papiers à en-tête du Musée du Louvre 
21 x 14,8 cm (les documents), 27 x 21 cm (les cadres), pièces uniques (série de quatre documents)

Institut Chorégraphique International, 2017 

Dessins au pigment liner noir sur documents ICI - centre chorégraphique national Montpellier - Occitanie / Pyrénées-Méditerranée
21 x 14,8 cm (les documents), 27 x 21 cm (les cadres), pièces uniques (série de six documents)

Déclaration européenne de services, 2016

Dessins au pigment liner noir sur documents cerfa n°13964*01
29,7 x 21 cm, pièces uniques (série de trois documents)

Les dossiers, 2016 

Vidéo couleur, 00'11'', son, en boucle

La corbeille à papier, 2016

Vidéo couleur, 00'10'', son, en boucle

Le siège de bureau, 2016

Vidéo couleur, 00'13'', son, en boucle

L'agenda de la ministre, 2016 

Vidéo couleur, 00'18'', son, en boucle

Work Adiction Risk Test, 2016

Vidéo couleur, 00'12'', son, en boucle

Travail femelle, 2016

Vidéo couleur, 00'18'', son, en boucle

#Téléphone, 2016 

Vidéo couleur, 00'11'', son, en boucle

#Boîtederangement, 2016

Vidéo couleur, 00'12'', son, en boucle

#Tampon, 2016

Vidéo couleur, 00'11'', son, en boucle

Fiche d'évaluation, 2016

Art-action en deux mouvements, 6'40'', Arainbow release party, Mains d’Œuvres, Saint-Ouen
Co-performeur : F. Dymny - vidéo : S. Madigand - curator : E. Bigot

#WORK-POOL (Le pauvre et le prolétaire), 2016

Art-action en trois mouvements, 9’40’’, Cité internationale des Arts, Paris
PUBLIC POOL #1 « le mythe est une parole » - C-E-A / Association française des commissaires d'exposition
Photo : S. Santa Lucia

Mouvement 1 : Le moderne Chaplinien
Mouvement 2 : Le post-moderne Barthésien
Mouvement 3 : L’alter-moderne et ses perspectives contemporaines

#WORK-GENDER, 2016

Art-action en trois mouvements, 10 min
CAC La Traverse - Centre d'art contemporain d'Alfortville 
Soirée du festival de films queer "THE BLIND LEADING THE BLIND"
Contributions vidéos d’Anna Byskov - Photo : Alain Cardenas Castro 
Curators : B. Nin et C. Taling

Mouvement 1 : La conférence
Mouvement 2 : La rupture de contrat 
Mouvement 3 : Le spectacle post-dramatique

Renseignements relatifs à votre statut, 2016 

Art-action en trois mouvements, 15-20 min
Exposition « Personne, personnage » - curator : G. Jacinto
Galerie HD Nick, Aubais - photo : V. Costet

Accueil : Distribution du formulaire 
Mouvement 1 : Le bureaucrate 
Mouvement 2 : Le destructeur 
Mouvement 3 : Le danseur

Séminaire #1 (Introduction aux sciences inexactes), 2015

Conférence-performance en cinq actions, 18 min
"Huit actions à l’Amour", Bagnolet - curator : L. Prexl
Co-performeur : A. Bibia  

Séminaire #2 (Dynamique de connaissance et d'évolution), 2015

Conférence-performance en quatre actions, 18 min
Soirée de clôture du 60ème Salon de Montrouge 
Co-performeur : A. Bibia - Crédit photo : L. Leroy

(de gauche à droite) Paris, 2013, Cartel de Paris, 2014

Paris, 2013
Dessin au crayon à papier gris sur documents d’un Moleskine City Notebook Paris
Série de trois documents, 14 x 8,5 cm (chaque), 24,5 x 44,5 cm (le cadre), pièce unique

Cartel de Paris, 2014
Impression sur papier à en-tête de l’Institut de Céramique Française, 29,7 x 21 cm, multiple

Vue d’exposition, Avant-Garden, La Générale en Manufacture, Sèvres, 2014
Curator : Cartel de Kunst 

The Top Five Regrets of the Dying, 2013

Installation : écritures sur documents, trombones, livre sur étagère, dimension variable
Crédit photo : F. Gousset (vue d’exposition du 58ème Salon de Montrouge, 2013)

Le formulaire et la formule de l'art

Par Christophe Donner, 2013


Le formulaire est une insulte. Vraiment l’ennemi de l’art. Il s’insinue partout dans la vie courante pour réduire en miette cette « vie courante » et en faire une vie non courante, une vie découpée en morceaux, des morceaux de cadavre. Le formulaire est le pacte avec le diable que chaque impétrant doit signer avant d’entrer en enfer. 

Le formulaire est laid, il est dessiné par des artistes qu’on a enfermés, frappés, torturés, soumis au chantage : « Maintenant, salaud d’artiste, tu vas nous dessiner un formulaire pour tous les futurs esclaves remplisseurs de formulaire, sinon tu n’auras pas à manger, tu vivras dehors et tout le monde te crachera dessus comme sur un clochard. C’est ton travail : dessine ce formulaire. » L’artiste, qualifié pour l’occasion de graphiste, de maquettiste, dessine un formulaire, mais ça ne va pas, il doit le refaire car ce n’est pas assez laid, pas assez méchant esthétiquement, ce n’est pas artistiquement assez insultant. Il doit s’y prendre à quatre ou cinq fois avant que son « dessin » qui n’est plus qu’un déni de création soit enfin accepté : par le dégueulis des couleurs, le kitch des photos, le démodé des typos, la perversion de toutes les divines proportions, il a atteint le sommet de l’abjection : un formulaire qu’on va pouvoir imprimer, diffuser, distribuer et faire remplir par des quantités de gens qui ne se rendent compte de rien, ils prennent ça pour un jeu, car dans la plupart des cas, il faut remplir des cases. La case est le langage universel du formulaire. En chinois, en russe, en arabe, en anglais, la case est la seule chose qu’on reconnaît d’un questionnaire à l’autre. Il n’y a plus de prénom, plus de nom, plus de date de naissance, il n’y a désormais que des lettres et des chiffres à faire rentrer dans des cases. Et l’humanité se plie à l’exercice avec bonheur, avec son stylo, elle coche, biffe, remplit, heureuse de s’identifier, de se déterminer, elle a l’impression d’exister, et même de s’exprimer alors que, divisée en M, Mme ou Mlle, elle entre sans le savoir dans la régression, elle se fond, se réduit, se tait.

Et puis un jour, Florent Audoye, devant le formulaire d’un dossier de candidature en vue de devenir équipier chez Quick, et alors qu’il lui était demandé d’ « expliquer en quelques mots les motivations qui l’incitaient à postuler chez Quick », le foutre l’a pris, comme disaient les anciens. Le foutre, c’est vraiment ça. Le foutre contre le clean, l’aseptisé, le mort, et contre le mensonge auquel on lui demandait de se plier pour entrer chez Quick. Inventez, M, Mme ou Mlle, un mensonge digne d’une petite case. Il était sur son vélo, d’après ce qu’il m’a raconté, ou que j’ai cru comprendre, et me souvenir, il était sur son vélo et l’illumination lui est venue en pensant à ce qu’il venait de remplir. Il est retourné chez Quick, il s’est emparé du formulaire et il a écrit : « Il me faut de l’argent ». Mais c’était trop bon pour eux, il a gardé la feuille qui était devenue une œuvre. 

Avant de faire ça, il ne savait pas qu’il était un artiste, d’ailleurs il ne l’était probablement pas, malgré ses études d’art. Disons qu’il y avait en lui un artiste dormant, que l’insulte du formulaire a réveillé. 

On peut donc considérer ce geste et tous ceux que Florent Audoye a accompli par la suite, comme dérisoire, on ne manquera pas de dire ou de penser que le gribouillage de formulaire c’est le degré zéro de l’art. On peut aussi, comme moi, considérer que le degré zéro de l’art, c’est ce que peu d’artistes atteignent et que beaucoup de ceux qui se croient artistes n’atteindront jamais, malgré leur succès et les bonnes réponses qu’ils ont pu fournir aux formulaires d’inscription à la guilde des artistes. 

Je crois savoir que c’est par l’anecdote microscopique qu’on aperçoit les grandes choses. L’histoire singulière de Florent Audoye montre que c’est dans la réaction, le réflexe, le refus, et moins dans l’inspiration, la béatitude et la grâce que la création prend sa source.

Audoye a d’ailleurs le mérite de ne pas transformer ces étincelles de lucidité en éclairage accablant sur « notre société ». Son exposé ne produit pas de discours sur la misère, les jeunes, la politique, l’emploi, toutes ces niches pourvoyeuses de formulaires. Son art est fragile, jusque dans l’humour qu’il distille, discrètement.

Entretien

Par Point Contemporain, 2017


Les performances de Florent Audoye bousculent les cadres administratifs ou socioculturels qui nous régissent et ceux qui nous imposent notre manière d’être comme le genre et l’identité. Lors d’un moment que l’artiste veut privilégié comme peut l’être une rencontre, sa performance tisse un lien entre une invitation, un espace et un public. L’instant se doit d’être unique, loin du spectacle qui lui peut être répété en tout lieu, pour garder toute sa force et son sens. Lors du 58ème Salon de Montrouge Florent Audoye a présenté des formulaires épinglés au mur, annihilant leur « importance administrative » pour les hisser au statut d’œuvre d’art. Progressivement son travail a évolué vers la vidéo et la performance, trouvant un juste milieu entre les arts visuels et les arts de la scène. Des recherches constamment évolutives qui s’ancrent dans une réalité française marquée par une dimension administrative plus développée que dans d’autres pays.

Quel est le point de départ de ton travail ?

Au départ, il y a toujours des normes, des comportements, des codes qui structurent nos corps et nos identités comme nos manières d’être. Au Salon de Montrouge en 2013, j’ai exposé une série de documents administratifs sur lesquels j’avais écrit des petites phrases de regrets de mourants telles que « Je regrette de ne pas avoir fait ce que je voulais » ou « Je regrette de ne pas avoir exprimé mes sentiments », et y avais dessiné des motifs issus d’ouvrages scientifiques ou techniques. Je voulais vraiment donner l’image que Florent Audoye est « l’artiste des formulaires ». En 2014, j’ai continué à dessiner sur des documents de conservation-restauration, des formulaires cerfa, comme pour celui de la « Déclaration européenne de services » où j’ai apposé des motifs de ferronnerie qui sont une évocation directe au château kafkaïen. Je suis issu de l’université et j’ai toujours aimé cette dimension de recherche et de documentation, quelle qu’elle soit.

Un document papier que tu finis donc par affectionner ?

C’est très vrai et d’autant plus pour le papier machine 70 grammes, utilisé dans les administrations et entreprises, qui est très fragile et que je prends soin d’encadrer, ou non. Je trouve drôle, dans notre pays qui est très archiviste et dans une société très administrée, de faire d’un papier aussi « vulgaire » une œuvre. Ces documents ont pour moi, qui ai toujours été fasciné par les artistes conceptuels comme Robert Morris, Hans Haacke, Mel Bochner, Bruce Nauman, Vito Acconci ou Adrian Piper, une valeur importante. C’est exactement ce que je présente au 6b à l’exposition « Tutoriality » où je sacralise, par un accrochage dans un espace d’art, des boîtes d’archives, des feuilles et des formulaires, un thème déjà présent dans la vidéo de ma performance Totem où je montre un personnage à genoux, en prière, devant un empilement totémique de boîtes d’archives. C’est une façon pour moi de déclarer ma fascination, sinon mon amour pour la bureaucratie.

La performance est peu à peu devenue le centre de ton travail…

…Parce que j’ai voulu mettre en mouvement toute cette machinerie, ce management qui nous gouvernent. J’en révèle le caractère absurde en les transformant en gags. J’ai toujours été fasciné par les films comme « Le Dictateur» ou « Les Temps Modernes » de Charlie Chaplin qui, d’une manière très fine, font la démonstration d’une aliénation humaine. J’ai voulu rendre compte, devant le public, ce qu’est un corps assis à un bureau. Je me suis récemment tourné vers la « vidéo-action » pour montrer comment ce corps réagit avec des objets signifiants (chaise, tampon, feuilles…) mais aussi avec les costumes de travail qui deviennent en live des costumes de scène. Tout ce travail sur l’idée d’une administration omniprésente a un rapport avec le burlesque, le carnavalesque. Ces esthétiques sont drôles et légères, elles font aussi partie de ma personnalité. Par exemple, j’admire le travail performatif de la Compagnie du Zerep, d’Arnaud Labelle-Rojoux, d’Anna Byskov ou de Laurent Prexl. Les vidéos, quant à elles, répondent à une demande car mes performances restent uniques et ne sont donc au final vues que par un nombre limité de personnes. Elles m’ont aussi permis de développer la notion de répétition du geste par la mise en boucle. Le format est volontairement très court, entre 8 et 20 secondes et je travaille aussi désormais à partir de Gifs, une façon de montrer que l’administratif est la perpétuelle répétition d’une action.

La question du genre n’est-elle pas aussi au centre de tes préoccupations ?

Elle est primordiale pour moi. Cette question m’est apparue devant des formulaires comportant les deux cases « F » ou « M » à cocher. Pourquoi ces deux seules alternatives ? Je me moque de ces stéréotypes et de tous ceux que l’on peut trouver dans nos sociétés. Je m’amuse des cravates, des talons aiguilles, de tous ces accessoires et c’est pour cela je choisis de les inclure dans une performance.

« En pratique, la méthode bureaucratique revient invariablement à ignorer toutes les subtilités de la vie sociale réelle pour tout réduire à des recettes mécaniques ou statistiques préconçues. » 

David Graeber, in The utopia
of the rules
(2015)

« Dans sa plus simple expression, mon argument est que la paperasse est imprévisible, et que cette imprévisibilité est source de frustration (…). »

Ben Kafka, in Le démon
de l’écriture. Pouvoirs et limites
de la paperasse
(2013)

« Le grotesque administratif, c’est en effet une possibilité que s’est réellement donnée la bureaucratie. » 

Michel Foucault, in Les anormaux (cours du 8 janvier 1975)

« (…) le music-hall est la forme esthétique du travail. » 

Roland Barthes, in Mythologies (1957)

Florent Audoye
Atelier 9007 - 34, rue du Colonel Pierre Avia
75015 Paris, France

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